Wednesday, December 11, 2013

Critiques sur le disque Debussy

Voici les critiques sur le disque Debussy

- PIANISTE Novembre, 2013
... On admire la tenue de l’architecture et l’élégance des pièces les plus narratives, sinon orchestrales comme l’Isle Joyeuse. Plus encore, c’est la souplesse du jeu qui interpelle : mélange de précision et de netteté dans les attaques, respirations amples dans les résonances comme si le son « collait » aux doigts… (Pierre Massé)
http://www.pianiste.fr/011-2993-DEBUSSY-FUKUMA.html 

- LEXNEWS n° 45 Novembre 2013
Nous savons l’influence de l’Orient sur les compositions de Claude Debussy, une destination plus rêvée que vécue, même si l’exposition universelle de 1889 marqua profondément le musicien avec ses percussions venues d’Asie, dont notamment le gamelan de Java. Il n’est ainsi pas étonnant qu’en retour, un pianiste japonais Kotaro Fukuma, dont le talent a été salué par de nombreux prix, honore la mémoire de celui qui livra de nombreuses compositions aux titres et aux accents tournés vers l’orient. Le pianiste souligne que le caractère « Ko » de son nom signifie « lumière sur l’eau », une belle invitation à rejoindre les scintillements de l’onde qui ont tant marqué Claude Debussy. Que l’on pense à ces feux d’artifice au-dessus de l’onde évoqués par Hokusai dans certaines de ses estampes et nous aurons là une idée de l’importance de ces tableaux et de l’image influençant profondément la musique de Debussy. Kotaro Fukuma débute cet enregistrement par deux Arabesques dont les volutes évoquent l’onde par leur tendre enroulement - léger roulis avant-coureur des Reflets dans l’eau, pièce préférée de Kotaro Fukuma qui avoue la jouer depuis l’âge de 13 ans. Les Ondines étaient – et sont peut-être encore – les génies de l’onde dans la mythologie germanique et Claude Debussy leur a réservé de belles compositions dans ses Préludes. Impossible de ne pas voir ces êtres aimant les eaux douces avec leurs cheveux d’or et qui vivent souvent dans des palais engloutis. Et peut-être qu’avec un peu de patience et de calme, verrons-nous justement cette cathédrale engloutie dont les premiers accords évoquent les profondeurs et la pénombre qui doucement lèvent le voile aquatique de l’édifice qui selon la légende d’Ys fut recouvert par les flots. Nombreuses sont les autres évocations visuelles tissant des liens indissociables avec la musique de Debussy, et l’enregistrement de Kotaro Fukuma est une belle porte d’entrée pour découvrir ces impressions musicales si déterminantes pour les héritiers du compositeur au XX° du siècle. 
 
- L'éducation musicale - n°75 Novembre 2013
Un disque autour de la thématique du scintillement de l’eau, emprunté à l’œuvre de Claude Debussy (Arabesques, Images, Ondine, La Cathédrale engloutie, Estampes, clair de Lune, L’Isle Joyeuse) co-edité en collaboration avec le label Denon, à partir d’un enregistrement datant de 2012, effectué au Japon sur un piano Steinway de 1912, contemporain du compositeur. Le simple thème du scintillement de l’eau évoque en premier lieu l’œuvre de Debussy, toute en transparence, limpidité, délicatesse dont rend parfaitement compte le jeu de Kotaro Fukuma qui nous avait déjà enthousiasmé avec son précédent disque consacré à Albeniz (Iberia), déjà sous le label Hortus. Un disque qui, toutefois, va bien au delà de toute musique à programme, conçu plutôt comme une errance imaginaire, une invitation au voyage. Reflets dans l’eau, Hommage à Rameau et Mouvement sont tirés de la première série des Images (1905) qui fut retravaillée par le compositeur lors de son séjour à Eastbourne où, soit dit en passant, il découvrit le piano Blüthner qui l’accompagnera le reste de sa vie !! La deuxième série d’Images (1907) comprenant Cloches à travers les feuilles, Et la lune descend sur le temple qui fût et Poissons d’or nous plonge dans une ambiance tour à tour rurale, exotique et aquatique, la dernière pièce étant inspirée d’un panneau de laque japonais représentant deux carpes évoluant gracieusement sous une branche de saule, tableau conservé aujourd’hui au musée Debussy à Saint Germain en Laye. Les deux Arabesques, d’inspiration mauresque, datent de 1888, tandis que le premier livre des Préludes date de 1910. Il comprend notamment La Cathédrale engloutie sur un rythme de valse lente qui évoque la légende celtique de la ville engloutie d’Ys, lieu de naissance d’Iseult, qui apparait une fois l’an à travers la brume marine au son des cloches de sa cathédrale, avant de sombrer à nouveau. Ondine appartient, quant à elle, au deuxième livre des Préludes (1912-1913), et Estampes (1903) témoigne de l’engouement du compositeur pour les estampes japonaises et de l’importance du support pictural dans son inspiration, tandis que l’Isle Joyeuse (1904) apparait comme une allusion à une escapade à Jersey avec Emma Bardac. Un enregistrement d’une grande poésie où la musique sait se faire le support d’émotions et d’images chargées à la fois de mélancolie et d’enthousiasme. Un bien bel hommage à Debussy. (Patrice Imbaud)